Je ne vais pas vous faire l’article et tenter de vous la vendre à tout prix. La Nouvelle-Zélande, j’en ai parcouru juste un bout, pour l’instant la côte ouest de l’île du sud. Je m’éloigne juste à peine des rivages de la mer de Tasman pour découvrir les Southern Alps (qu’on dénommera plus agréablement Alpes australes, ce qui est assez joli).

La région explorée est, disons, plutôt arrosée. Y poussent des fougères énormes qui savent atteindre les vingt mètres de haut – ce n’est pas rien -, des palmiers, et une quantité impressionnante de mousses et lichens qui envahissent tout ce qu’ils peuvent. Question bestioles, on ne trouvera pas grand chose sur son chemin hormis des volatiles (dont le curieux, effronté et chapardeur weka, sorte de gallinacé aux ailes atrophiées). Le seul mammifère aperçu est l’opossum, dont l’introduction funeste aux volatiles locaux l’a fait classer parmi les nuisibles (d’où piégeage et dépôt de poisons divers).

On décèlera hélas difficilement le timide et emblématique kiwi. Mais on aura bien de l’étonnement en découvrant du perroquet au pied d’un glacier qui d’ailleurs se fond presque dans une forêt dite “pluviale”.

Toute promenade par monts et par vaux se révèle hautement boueuse et on en revient avec trois tonnes de glaise sous les semelles sinon dans des chaussures vite trempées (je pense notamment à celle effectuée sous la pluie aux environs de Punakaiki, sur terrain ultra-karstique nécessitant de ne jamais s’éloigner du sentier sauf à être suicidaire parce que c’est plein de trous, dolines, crevasses, gouffres – rendus invisibles par une végétation complètement folle).

Que dire pour le moment? Que je n’aime pas les villes, insignifiantes jusqu’à l’insignifiance (sic). A commencer par Auckland qui est un centre enrobé d’autoroutes – et un étalement de quartiers périphériques autant que résidentiels. De charme, aucun. Nulle part. Trouver une mignonne bourgade semble être un défi. Mais il ne faut pas venir pour ça. Et si question grandiose nos Alpes sont mieux, elles n’ont pas ce caractère savoureusement étranger fourni par une végétation qui ne cesse de surprendre. Pour résumer une impression prégnante, la Nouvelle-Zélande est un bien curieux mélange: du familier au sein duquel s’insère de l’étrangeté. Ceci ne valant que pour cette cote ouest que je vais encore devaler un peu avant de la quitter, m’arrêtant pour une nuit dans la localité de Haast. Les guides n’en parlent pas, ou estiment qu’il vaut mieux ne pas s’y attarder. Haast, c’est le bled paumé au bout de rien, une plage avec des troncs morts et une rivière au large lit. D’où mon intérêt? Possible que j’aie l’illusion que c’est dans le rien qu’on peut espérer trouver quelque chose.

Et alors, en gros, Haast, ce serait tout le contraire d’internet ou on a de tout sans rien pouvoir trouver. Eh? En voilà, une bien drôle de comparaison. Mais je me la pardonnerai (momentanement). Et de Haast, je parie que je vais pouvoir reparler. Un de ces jours…