J’ai jugé difficile d’aborder séparément les seconde et troisième symphonies. Œuvres de commande sinon de propagande, elles offrent tout particulièrement le flanc à la critique et permettent difficilement de porter un jugement honnête sur le compositeur. Si, concernant la seconde surtout, elles sont d’une nature « expérimentale », on ne les trouvera pas exemptes de vacuités, dont la troisième symphonie d’ailleurs abonde. D’autre part, leur brièveté m’a fait estimer qu’il serait inutile de leur consacrer des fiches séparées, lesquelles seraient forcément bien creuses elles aussi. [1]
![]()
Symphonie N°2 en si majeur « À Octobre, dédicace symphonique », opus 14 (1927)
Voici la plus courte des symphonies. Vingt minutes chrono. Un seul mouvement, avec chœur final introduit par une sirène d’usine (remplacée parfois lors des exécutions par quelque(s) cuivre(s) dont la sonorité peut faire illusion).
Du chaos initial extirpé des profondeurs languissantes (Largo) va surgir un épisode agité (Allegro molto) qui se propage de pupitre en pupitre pour nous offrir un foutoir d’une dizaine de lignes mélodiques distinctes, avant qu’on se rassemble dans un bel élan pour faire résonner la chaude rumeur de la sirène susmentionnée, et que le chœur entonne la célébration révolutionnaire qui convient.
Et puis quoi d’autre ? Ben, ça devrait suffire.
La partie la plus intéressante de la symphonie, c’est évidemment quand on ne nous beugle pas un éloge de Lénine et de la Révolution. S’éloignant de sa première symphonie, Chostakovitch tisse là une musique expérimentale d’où l’émotion est plutôt absente. L’Allegro molto, et en particulier toute la section durant laquelle la musique se fragmente en mélodies parallèles, est à mon sens ce qu’on trouvera de mieux dans cette œuvre officielle.
![]()
Symphonie N°3 en mi bémol majeur « Premier Mai », opus 20 (1929)
Plus creux que ça… il faudra attendre (dans le symphonique) la douzième avant de jouir d’un tel manque de contenu. Oh, pour le contenant, c’est avenant et enlevé, on ne passe pas un mauvais moment, mais il n’y a pas de quoi s’enthousiasmer.
Après les audaces de la seconde symphonie, on revient à plus mélodique. Mais on garde la structure unitaire en enchaînant les mouvements (Allegretto-Allegro – Andante – Allegro-largo – Moderato : chœur).
Œuvre de commande comme sa grande sœur, elle est d’une rare indigence, comme si le compositeur avait bâclé le truc pour s’en débarrasser.
Point rigolo, le Largo sombre qui précède le chœur exultant devait à l’origine, selon certaines sources, contenir une partie pour mitrailleuse. Vrai ou pas, peu importe. (Pour les audaces instrumentales, écouter la Grande grande Ouverture de Malcolm Arnold, avec en solistes deux aspirateurs, une cireuse électrique, quatre fusils de chasse ; de fait, c’est mieux en vidéo).
![]()
Une seule interprétation à conseiller cumulant les deux symphonies sur un seul CD, Bernard Haitink avec le London Philharmonic Orchestra, chez DECCA. Mais le disque d’origine n’existant plus, il faudra aller le cueillir d’occasion. Si on y tient vraiment.
![]()
[1] Ce billet devant, par conséquent, se révéler lui aussi d’une rare inanité. C’est vrai que là, je ne me suis pas fatigué. Mieux vaut réserver ses forces pour la symphonie suivante, un monstre auquel il est redoutable de se confronter!
Hé hé ! encore plus troublant, même si on ne voit pas la baguette.
http://perso.numericable.fr/mansarde/harry-potter.jpg
Si tu veux veux rester raccord avec ton iconographie black & white, je laisse ce lien valide un temps sur un de mes serveurs: ton image après un petit coup de filtre ad hoc dans Photoshop.
Enregistrer l’image sous… etc.
Tu peux vider ce commentaire après téléchargement éventuel de cette autre version.
Et après un petit usage de Micrografx (vieux logiciel mais auquel je suis habitué), voilà ce que ça donne.